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Harcèlement de rue Brest

Publié le mercredi 1er février 2017, par kristell Grall (UBO -CRBC)

Enquête à Brest et Rennes

Un article est paru sur le site du télégramme le 31 janvier 2017 sur le harcèlement de rue à Brest.
L’enquête est disponible dans le livre : Bretonnes ?, Des identités au carrefour du genre, de la culture et du territoire, Arlette Gautier et Yvonne Guichard-Claudic (dir.), pur, 2016.

http://www.letelegramme.fr/finistere/brest/harcelement-de-rue-la-peur-au-ventre-31-01-2017-11383130.php

Harcèlement de rue. La peur au ventre à Brest

S’il est partout présent, le harcèlement de rue semble devenir monnaie courante à Brest. En plus d’instaurer un climat d’insécurité, il aboutit encore trop souvent, directement ou indirectement, à des cas de violences sexuelles. En outre, les auteurs de ces faits -réprimés par la loi- n’ont pas toujours conscience de la gravité de leurs actes. Mais les langues se délient. Et les victimes témoignent. « Je suis rentrée chez moi en me disant que je n’étais qu’un bout de viande... ». Il y a quelques semaines, vers 23 h, Élodie (*) s’est retrouvée « coincée derrière un bus ». Seule au volant de sa voiture, elle a vu débouler, sur sa droite, deux jeunes hommes qui passaient par là. « Ils étaient visiblement alcoolisés, mais ça n’excuse rien. Ils se sont mis à la fenêtre et ont commencé à faire des gestes obscènes. J’ai eu le réflexe d’appuyer sur le bouton de la fermeture centralisée. Mais j’ai eu le temps d’avoir très peur. Il faisait nuit. J’étais coincée... ». « Comme des machines » D’apparence anodine, cette expérience n’en est pas moins traumatisante. Et est loin d’être un cas isolé. De plus en plus de jeunes femmes ou de jeunes filles disent en effet être l’objet de comportements déplacés dans les rues de Brest. « Ça se passe toute la journée », témoigne ainsi Virginie (*), jeune étudiante originaire du sud-Finistère. « Je me fais accoster ou interpeller par les mecs. "Tu me donnes ton 06 ?", "T’es trop mignonne !". Il y a aussi les coups d’avertisseur sonore et ceux qui font des remarques déplacées au volant. Je peux porter une grosse parka et des baskets sales, rien n’y fait, je me fais aborder. C’est systématique. À croire qu’ils agissent comme des machines... ». « Une perte de liberté » Ces comportements, qui contribuent à créer un réel climat d’insécurité, sont loin d’être sans conséquence. Élodie, qui n’en était pas à sa première mauvaise rencontre (loin s’en faut), explique ainsi « ne plus mettre de rouge à lèvres », « ne plus allumer de cigarette dans la rue », « ne plus porter de jupe » quand elle est seule dans la rue et « porte une bombe lacrymo » sur elle. « J’hallucine moi-même d’en être arrivée là », poursuit la jeune femme de 23 ans. « Je le fais pour me protéger, mais ça fait ch... quand même. Je le vis comme une perte de liberté... ». Virginie, elle, « ne sort plus le soir ». Et n’a « qu’une hâte » : « Quitter Brest ». Une « éducation à revoir » Bien conscientes de ces comportements, les autorités ont mis sur pied un « plan d’action et de mobilisation contre le sexisme ». Entre campagne de prévention et mise en réseau des compétences, ce plan passe aussi par un travail mené auprès de Bibus et de la SNCF et des marches « exploratoires » (les 9 et 14 mars prochains) afin d’identifier « les endroits de la ville potentiellement les plus inquiétants », explique Marif Loussouarn, adjointe au maire de Brest, en charge de l’Égalité femmes hommes. « Le problème, c’est que beaucoup de garçons ne se rendent même pas compte de leurs comportements. Il y a toute une éducation à revoir », poursuit Élodie Bouliou, chargée de l’application de ce plan d’actions à l’échelle de la métropole. « C’est toute la difficulté du harcèlement, confirme Marion Clément, déléguée départementale aux Droits des femmes et à l’Égalité. Qu’est-ce qui relève de la plaisanterie et qu’est-ce qui relève du harcèlement ? La prévention passe aussi par ce travail de fond... ». Une frontière pas toujours facile à établir, donc, et qui complique la situation des victimes et le travail de la justice. « Il y a beaucoup de comportements déplacés qui ne relèvent pas d’une infraction pénale », confirme Éric Mathais, procureur de la République au tribunal de grande instance (TGI) de Brest. « Bien souvent, il s’agit de choses simples qui s’apprennent en famille ou à l’école et qui relèvent d’une éducation civique de base... ». Et de la parole aux actes criminels, il n’y a parfois qu’un pas trop vite franchi... (lire ci-dessous).

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/brest/harcelement-de-rue-la-peur-au-ventre-31-01-2017-11383130.php

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