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"Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

Publié le lundi 10 octobre 2011, par Sarah Pauline Florence Cindy.Y

Kristell GRALL, enseignante en histoire-géographie au lycée, doctorante à l’UBO et sociologue au sein du CRBC (centre de recherches bretonnes et celtiques) passionnée par le sujet "insécurité des femmes dans les espaces publics" a rédigé une thèse sur ce thème. En voici le résumé :

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En France, les violences envers les femmes suscitent débats. Décrétées "grande cause nationale 2010" ces violences faites notamment dans les espaces publics soulèvent des interrogations, à savoir qu’en est-il du sentiment d’insécurité des femmes dans ces espaces et comment améliorer leur sécurité.

Cette lutte contre les violences a permis de mettre en évidence la discrimination envers les femmes allant de soi, dans un contexte d’égalité femmes/hommes qui n’est que formel.
Le projet de lutte est donc à présent devenu une priorité internationale, nationale et locale. Particulièrement, la région Bretagne, les départements d’Ile et Vilaine et du Finistère, les villes de Brest et de Rennes ont élaboré des plans d’actions.
Leurs projets consistent, à travers la prévention de la violence, à aménager des villes plus sûres pour toutes.
Ce projet est considérable. Aujourd’hui, la violence faite aux femmes à l’extérieur de leur domicile les empêche d’utiliser librement les espaces publics. Étant victimes d’agressions notamment sexuelles dans la rue, sur les places publiques, dans les transports publics et même sur leurs parcours de jogging, les femmes se sentent contraintes de modifier leurs habitudes.
Suite à un sondage réalisé en 2000, il a été révélé que "près de 60% des femmes avaient peur de marcher seules la nuit dans leurs quartiers contre seulement 17% des hommes".

La problématique est donc de savoir comment sécuriser les femmes dans l’espace public. Celle-ci permettra également de comparer les actions menées à Brest et à Rennes en matière de prévention et d’aide, puis d’évaluer le traitement des violences envers les femmes lorsqu’elles sont victimes.

voir interview de Mme Kristell GRALL

Vos commentaires

  • Le 2 novembre 2011 à 10:58, par gormitti En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    Le sujet est intéressant, mais quelques questions... Qui sont les 60 pour cent de femmes qui se sentent en insécurité ? Des citadines, des habitantes des grandes villes ? Ont-elles toutes le même âge ?

  • Le 10 novembre 2011 à 08:44, par S.B En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    Pour en savoir plus, nous invitons Gormitti à la conférence le mercredi 23 novembre au lycée.

  • Le 21 novembre 2011 à 15:04, par kristell Grall (UBO -CRBC) En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    Bonjour,
    le Québec est très en avance sur le sujet, et réalise régulièrement des sondages ; les 60% concernent les habitantes de Montréal tous âges confondus. Le sondage est interessant car il interroge aussi les hommes (17%). Nous avons quelques données sur le sujet en France grâce à l’ENVEFF de 2000, mais se concentrent uniquement sur les peurs féminines. D’après l’enquête française, ces peurs concerneraient 1 femme sur 5.

    Cette étude concerne plus de 6000 femmes de 20 a 59 ans et comptabilise les faits que les statistiques de police ne comptabilisent pas (par rapportés : comme être suivie, insultes sexistes, mains aux fesses, être victime d’un exhibitionniste et pervers dans la rue...

    L’idée principale est de montrer que ces peurs sont une forme de discriminations non reconnues parce que liées aux violences envers femmes en générale et pas du tout le fait d’une vulnérabilité supposée des femmes. Les peurs personnelles exprimées par les femmes constituent une entrave à leur mobilité dans l’espace public.

    Même si les statistiques criminelles et de victimation révèlent l’importance des violences au sein du couple ( 80%) tout concourt dans les discours des médias, institutions, de l’entourage à persuader les femmes que les espaces publics sont le lieu principal des violences. Il convient de s’interroger sur la persistance de telles peurs et leurs implications dans la vie quotidienne et sur le déplacement des femmes .
    cordialement .

  • Le 7 août 2012 à 12:14, par kristell Grall (UBO -CRBC) En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/602891-machisme-ordinaire-non-le-harcelement-de-rue-n-est-pas-de-la-drague.html
    1. Le harcèlement de rue est une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes.

    2. Le harcèlement de rue est banalisé : les femmes en souffrent, mais cette souffrance n’est pas considérée comme légitime par la société, qui entérine et normalise le comportement des harceleurs en le minimisant et en le faisant passer pour un hommage ou pour de la drague.

    3. Le phénomène de harcèlement de rue est méconnu, et sa mise en évidence suscite à la fois scepticisme et sarcasmes.

    4. La prise de paroles des femmes (sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres relevant du sexisme) est un combat sans fin : la preuve par le hasthag (mot-clé sur Twitter) #harcelementderue.

  • Le 8 août 2012 à 11:47, par kristell Grall (UBO -CRBC) En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    je vous conseille cet article du monde sur LE HARCELEMENT DE RUE :

    "En Belgique, la vidéo de Sofie Peeters, mettant en évidence la réalité du harcèlement de rue à Bruxelles, a fait l’effet d’une bombe dans le débat public et suscité de nombreux témoignages sur la Toile. Le plus surprenant pour nous est l’étonnement que génère encore un tel constat".

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/08/07/harcelement-la-rue-ne-doit-plus-etre-un-espace-ou-les-hommes-font-leur-loi_1743292_3232.html

  • Le 20 septembre 2012 à 21:34, par kristell Grall (UBO -CRBC) En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    Marche de nuit Féministe en non mixité
    le 5 octobre 2012, 20h30, place de la Mairie, Rennes

    Pourquoi une marche de nuit non mixte ?

    L’espace public est théoriquement ouvert à toutes et tous. En réalité il est davantage le territoire des hommes. Les femmes, hétéros, lesbiennes, bisexuelles, transgenres, transsexuelLEs, quelque soit leur origine, ont un accès restreint à la rue et à l’espace public.

    On entretient une peur dans la rue, particulièrement de nuit alors que statistiquement la rue est plus sûre que les espaces domestiques. Cette peur est fondée (de nombreuses agressions ont lieu dans la rue) mais aussi instrumentalisée, entretenue. Cela permet avant tout aux hommes de continuer à exercer un contrôle social et moral sur nos corps, notre mobilité, notre liberté.

  • Le 30 octobre 2012 à 21:55, par kristell Grall (UBO -CRBC) En réponse à : "Insécurité des femmes dans les espaces publics", une thèse de Kristell Grall

    Deux études alertent sur l’ampleur des violences faites aux femmes en France

    Le 25 octobre, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) a publié une étude qui confirme l’ampleur des violences faites aux femmes dans notre société. Une autre étude publiée le 23 octobre par l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales analyse précisément les violences infligées aux femmes par leur compagnon ou ex-compagnon.

    Entre 2008 et 2012, l’ONDRP a demandé à 66 920 hommes et femmes s’ils avaient été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint-e ou ex-conjoint-e lors des deux années précédant l’enquête. 1,2% d’entre eux a répondu oui, soit environ 540.000 « victimes déclarées » de 18 à 75 ans sur deux ans. Parmi les victimes, l’ONDRP compte « moins de 140 000 hommes et plus de 400 000 femmes ».

    Dans un communiqué du 25 octobre, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem s’est exprimée sur les résultats de ces études :

    « Ces données heurtent notre conception de la société, dans laquelle les rapports humains sont construits sur le respect, la dignité et l’égalité. Elles confortent notre détermination à adopter une série de mesures de lutte contre les violences sexistes lors du comité interministériel aux droits des femmes qui se tiendra fin novembre ».

    Par ailleurs, le communiqué insiste sur la nécessite de lutter contre les comportements sexistes au quotidien : « faire reculer le sexisme et faire reculer les violences est un même combat ». En effet, les études révèlent aussi que les femmes ressentent « fortement un sentiment d’insécurité » : plus d’ 1 femme sur 7 se sent en insécurité dans son quartier et 1 femme sur 10 ne se sent pas toujours en sécurité dans son propre domicile.

    Les études démontrent l’ampleur des comportements sexistes subies par les femmes au quotidien :

    - plus d’1 femme sur 20 a subi des gestes déplacés, par exemple des baisers ou des caresses imposés : « dans la majorité des cas, la victime connaît l’agresseur et les gestes déplacés se produisent dans un quart des cas sur son lieu de travail ou d’étude », précise le communiqué de la ministre.
    - plus d’1 femme sur 20 a été menacée, la menace étant dans la moitié des cas un moyen de contraindre une femme à faire quelque chose.

    La ministre a aussi confirmé la création prochaine d’un Observatoire national en charge des violences faites aux femmes

    SUR http://www.egalite-infos.fr/2012/10/26/deux-etudes-alertent-sur-lampleur-des-violences-faites-aux-femmes-en-france/